Sonophilie

Qu’est-ce qu’une note de musique ?

La musique peut être considérée comme composée de deux dimensions essentielles :

Les notes sont les unités fondamentales qui permettent de composer des morceaux de musique. Si l’on considère la musique comme un langage, elles sont comme des syllabes qui formeraient ses mots, puis ses phrases. Où si l’on veut faire la comparaison entre un morceau de musique et un être vivant, les notes seraient alors comme les cellules qui le composent.

Si une note est une unité fondamentale de la musique, alors elle doit être tout à la fois une unité fondamentale de sa dimension mélodique et une unité fondamentale de sa dimension rythmique. Une note est donc principalement caractérisée par :

La hauteur

La hauteur de la note indique si le son qu’elle représente est plus ou moins grave ou, inversement, plus ou moins aigüe. En termes de physique du son, cela se rapporte à la fréquence de l’onde sonore.

Mais la notation musicale telle qu’on la connaît aujourd’hui date du moyen âge (au moins sous forme d’ébauche), c’est à dire bien avant que l’on découvre les phénomènes ondulatoires. De plus, tous les musiciens (ces « artistes ») n’ont pas la fibre des mathématiques et des sciences physiques, loin s’en faut. Aussi, il ne serait pas pratique de leur imposer de compter la hauteur des notes en hertz, l’unité consacrée des fréquences en physique.

Par ailleurs, les mathématiques nous permettent autant de valeurs de fréquence qu’il existe de nombre, c’est à dire une infinité. Du coup c’est trop par rapport aux besoins concrets des musiciens (et surtout trop compliqué).

De plus, toutes ces fréquences ne sont pas sans rapports les unes avec les autres. Elles sont des nombres, elles entretiennent donc entre elles les mêmes relations que peuvent entretenir entre eux des nombres. Notamment, certaines sont multiples les unes des autres.

Dans ce cas, elles sonnent de façon similaires à nos oreilles, bien que leurs hauteurs demeurent différentes et que certaines sont donc plus graves ou aigües que d’autres. Mais ce similarités se répètent encore et encore, sur tous les intervalles qui en font des multiples.

Aussi a t’il été choisi de limiter le nombre de valeurs de hauteurs utilisées à 7 … sur chaque intervalle sur lequel ces similarités se répètent. Cela donne les 7 « notes » que l’on connaît, en fait des familles de hauteurs.

Notation latine et slave Notation anglophone Notation germanophone
Do1 C C
D D
Mi E E
Fa F F
Sol G G
La A A
Si B H

Chacune d’elle représente une hauteur sur une octave donnée.

Ainsi, chaque note d’une octave donnée peut en fait être associée à une fréquence, du moins depuis que l’on a découvert et compris ce concept et les phénomènes ondulatoires et que l’on a restandardisé les notations musicales en tirant parti de ces nouvelles connaissances. On considère, par exemple, que la hauteur du La « standard » sur lequel on accorde la plupart des instruments de musique est associée à la fréquence 440 Hertz.

Ce standard occidental de notation musicale s’est construit au fil des âges, avec à la fois des innovations mais également des habitudes à la vie dure. Aussi n’est-il pas sans présenter quelques écueils aux aspirants musiciens. Ces écueils sont abordés dans un article distinct.

La durée

En musique, les durées n’utilisent pas des unités absolues, comme les secondes ou les minutes, mais des unités relatives. En effet, un même morceau de musique peut être jouer à différentes vitesses, ou tempos. Les durées relatives des notes, cet à dire la durée de chaque note proportionnellement aux autres notes du morceau, doivent alors être respectées sous peine de dénaturer la musique.

Pour exprimer ces durées relatives, ils nous faut tout de même considérer un temps de référence. A défaut d’employer une vocabulaire originale, on l’appelle tout simplement « un temps ».

Ainsi, l’on peut exprimer la durée de chaque note en temps ou en fractions de temps. On catégorise ainsi les notes en fonction de leurs durées exprimées en temps.

Durée en temps Nom
1 ÷ 16 Quadruple croche
1 ÷ 8 Triple croche
1 ÷ 4 Double croche
1 ÷ 2 Croche
1 Noire
2 Blanche
4 Ronde
8 Carrée

La musique est parfois faite de silences pour entrecouper les sons. Techniquement, on pourrait considérer qu’un silence est une note de fréquence 0 Hertz.

Seulement, on n’a pas prévu de valeur 0 dans la notation de hauteur à l’intérieur des octaves (Do, Ré, Mi …). D’ailleurs, il n’y aurait pas lieu de prévoir une valeur 0 pour chaque octave. Le 0 est unique.

On note donc la durée des silence séparément des notes audibles, mais en utilisant exactement le même système de temps relatifs que pour ces dernières.

Durée en temps Nom
1 ÷ 16 Seizième de soupir
1 ÷ 8 Huitième de soupir
1 ÷ 4 Quart de soupir
1 ÷ 2 Demi-soupir
1 Soupir
2 Demi-pause
4 Pause
8 Bâton de pause

On peut écrire une partition en utilisant ces temps relatifs, que ce soit pour les notes ou pour les silences. Mais au moment de jouer le morceau, il faut bien donner une valeur absolue à ce temps relatif (et s’accorder sur une même durée absolue du temps si l’on joue avec d’autres musiciens dans un groupe ou un orchestre). C’est ce qui s’appelle jouer un morceau à un certain tempo.

En général, on exprime le tempo en nombre de battements par minute (BPM). La durée du temps sera alors d’une minute divisée par ce nombre.

Par exemple, à 60 BPM, la durée d’un temps sera d’une seconde. Mais l’on peut décider de jouer le même morceau plus vite en passant le tempo à 80 BPM, donc avec des temps de trois quarts de seconde chacun, ou encore à 120 BPM, donc avec des temps d’une demi seconde chacun.

Autres caractéristiques de la note

Dans le préambule de cet article, il a été indiqué qu’une note est principalement caractérisée par sa hauteur et sa durée. Principalement, pas totalement.

On peut discuter le fait que ces autres caractéristiques que l’on peut attribuer à une note fasse réellement partie de la définition de concept même de note. Ce sont généralement des indications de jeu. Parmi ces indications, on peut citer :

L’intensité, ou nuance

Il s’agit de déterminer si l’on va jouer la note plutôt fort ou plutôt modérément. Il s’agit donc d’une indication du volume sonore de la note qui, en physique, pourrait s’exprimer en décibels.

Mais les musiciens n’étant pas des physiciens, il utilisent plutôt des termes comme pianissimo, piano, fortissimo … On pourra également parfois utiliser du vocabulaire propre à certains instruments et parler, par exemple, d’attaques douces ou d’attaques brutales.

Le timbre

D’un point de vue physique, le timbre d’un son est quelque chose de plutôt complexe. Dans notre environnement, les sons naturels sont en fait composés de différentes fréquences mélangées. Parmi ces fréquences, on pourra en distiguer une, la fréquence fondamentale, qui sera celle qui donne sa hauteur à la note. Mais elle sera accompagnées d’autres fréquences, dites harmoniques, qui, en se superposant, donneront son timbre au son.

Pour ce qui concerne la musique, pour obtenir des timbres différents on utilisera tout simplement des instruments différents (et des effets différents pour les instruments électriques / électroniques).

Selon les instruments, on pourra également parfois faire varier le timbre par l’emploi de différentes techniques. C’est notoirement le cas, par exemple, pour la guitare, sur laquelle on peut jouer au médiator, frapper les cordes avec les doigts ou encore les pincer.


  1. La note Do était autrefois appelée Ut.↩︎

Copyright © 2020 Guillaume Ponce
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